Geneva International Film Festival

La Cité de Calvin fait son cinéma

une 24e édition très réussie

 

Rebaptisé GIFF, Tous Ecrans a définitivement séduit par sa nouvelle mouture. En plus des  sections cinéma et télévision attirant un public enthousiaste, la programmation a fait la part belle au digital et à la réalité virtuelle. De nombreuses séances affichant complet en différents espaces de la ville, avec pas moins de 32 000 festivaliers passionnés, la billetterie s’est littéralement envolée ! La grande surprise venant du succès du numérique, la direction du Festival planche déjà sur sa copie pour la 25e édition du 1er au 10 novembre 2019. Rendez-vous est pris avec l’audiovisuel de demain !

Réunissant les différents publics du Festival, amateurs et professionnels se sont pressés à la cérémonie de clôture et la remise des Prix suivies pour l’occasion par une grande fête. Dévoilant un palmarès très attendu, si le Reflet d’Or du meilleur long métrage a récompensé  Yomeddine du réalisateur égyptien A.B Shawky, une mention spéciale du Jury de compétition internationale de longs métrages n’a pas manqué de revenir à l’excellent Long Days Journey Into Night du Chinois Bi Gan. Pour la meilleure série télévisée, le Reflet d’Or a été décerné à Autonomies d’Ori Elon et Yehonatan Indursky tandis que de son côté, Vestige d’Aaron Bradley se voyait attribuer le Reflet d’Or de la meilleure œuvre immersive. Rapin de Gustaf Holtensäs  a remporté le Reflet d’Or de meilleur vidéo clip, quant au Prix SENSible, il est allé à The Enemy, une œuvre numérique se distinguant par son humanisme. Enfin, pour la meilleure série Web, le public à plébiscité Oslo Zoode d’Oyvind Holtmon.

Distinctions

Outre ces récompenses, Emmanuel Cuénod, Directeur général et artistique du Festival, avait remis le Prix d’Honneur du GIFF - co-décerné avec l’horlogerie-bijouterie O.Zbinden - au réalisateur Peter Greenaway lui attribuant pour l’ensemble de sa carrière le Prix Film & Beyond. Artiste fécond, mêlant cinéma, art plastique, photographies et installations, Genève n’a pas oublié l’ambitieux projet de Greenaway déterminé  à célébrer dans 100 villes à travers le monde le centenaire de la naissance du cinéma ! C’est en 1994 que fut installé à Genève le premier épisode de Stairs : en 100 points de vue, grimpant sur des escaliers de bois le public pouvait découvrir, à travers un cadrage et sous différents angles, les multiples aspects de la ville…

Si le film d’ouverture, Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, avec Vanessa Paradis  - l’histoire d’une productrice de pornos gays - a connu une grande fréquentation nécessitant deux séances supplémentaires pour répondre aux attentes des festivaliers, le film n’a pas laissé indifférent même s’il n’a pas fait l’unanimité. Ces  œuvres, comme Chatouilles, d’Eric Metayer, interpellent par des sujets de société d’une féroce actualité, en effet,  le film magistralement interprété par Andrea Bescond traite de pédophilie. Jadis passé sous silence, aujourd’hui le thème n’est plus occulté et apparait sur grand écran ! Invités de dernière heure, le grand cinéaste britannique Stephen Frears et l’auteur John Preston sont venus présenter une minisérie à Genève A very English Scandal d’après une histoire vraie qui fit trembler un député et dirigeant du Parti Libéral britannique. Toujours d’actualité !

Talents suisses

Sur le plan national, les producteurs suisses se sont particulièrement distingués, à citer par exemple Rojo de Benjamin avec Naishtat et les Filles du Soleil d’Eva Husson. Autant de films forts et poignants projetés au Cinérama Empire qui, depuis sa rénovation s’est  transformé en une salle accueillante et confortable, dotée des dernières technologies de pointe. De son côté, la TSR, télévision Suisse romande, a présenté des productions et co-productions tout aussi remarquables. Réalisées, pour certaines, en des temps record pour cause de restrictions budgétaires - telle la nouvelle série très réussie Double Vie de Bruno Deville avec des interprètes d’exception - attendue dès janvier 2019 à la TSR en six fois 52 minutes. Une autre co-production, le film Dévoilée dirigé par Jacob Berger, talentueux réalisateur suisse de cinéma et de théâtre, avec Marthe Keller, Julie Gayet et Lola Creton a été très bien accueilli.

La 24e édition du GIFF a fermé ses portes sur une fréquentation  en hausse et un grand succès. Avec un festival dynamique, varié et intéressant, étendu sur divers sites, Genève  accueille en ses murs un événement majeur. Emmanuel Cuénod, Directeur artistique et Directeur général et son équipe de collaborateurs et de bénévoles se sont passionnément investis pour faire du  Geneva International Film Festival (GIFF) l’un des événements les plus novateurs d’Europe. Après Locarno et Zurich, la notoriété et le rayonnement de  ce rendez-vous du cinéma met Genève et la région sous les feux des projecteurs, souhaitons au Festival la même destinée que ses  célèbres aînés. A vos agendas pour la  la 25e édition !

Erika Wanner envoyée spéciale Exclusif Magazine au GIFF

Photos courtoisie :

GIFF

© Gabriel Balagué, Xavier Ripolles