Règlement de compte

Par Georgika Aeby-Demeter

Le Théâtre de l’Orangerie

fulmine avec Violencia Rivas

Elle en a du tempérament cette Violencia Rivas et, le physique qui va avec ! Affirmée, le verbe haut, ses rages explosent sans retenue… Elle tonitrue remplissant la scène de sa gestuelle ample et assurée … Et, de ses révoltes ! Le Théâtre de l’Orangerie des grands soirs accueillait en première ce duo improbable ficelé par Léa Pohlhammer, interprétant une ancienne diva punk avec Adrien Barazzone, son attendrissant toutou d’amour… A voir jusqu’au 2 juillet !

Les comédiens intenses et expressifs de Violencia Rivas Léa Pohlhammer et Adrien Barazzone ©anoukschneider

 Arrivé sous un soleil ardent, le public n’a pas boudé son plaisir. Impatient de découvrir cette ancienne chanteuse yéyé sud-américaine, personnage caricatural haut en couleurs, une flamboyante gloire créée en 2009 pour la télévision argentine ! Librement inspirée de Pedro Saborido et Sven Pohlhammer, deux profils majeurs hautement appréciés des scènes et musiques latino-américaines. Avec la complicité de l’équipe artistique de l’Orangerie et la collaboration dramaturgique et savoir-faire de Florence Minder, Léa Pohlhammer a imaginé là un duo improbable… Interprétant une Violencia qui mérite bien son prénom avec, pour l’accompagner, Adrien Barazzone jouant son fidèle compagnon, supportant ses crises exacerbées, ses explosions verbales et… ses autres frasques  et, pas des moindres! Fabuleux dans son rôle d’Adrichien…

C’est un véritable règlement de compte, avec la société et ses filles, trop bien plongées dans le moule de la bien-pensance et, réprouvant son langage fleuri et ses gros mots… Avide de parler et agir sur scène en un mode qu’elle se garderait de pratiquer dans la vie réelle, la Violencia Rivas de Léa Pohlhammer exulte … Son personnage se lâche partout où un micro est à sa portée pour admonester un monde totalement anesthésié… Valencia, usant ici d’un langage cru et, de manières impropres, avance sans muselière… Ses débordements, à la rencontre d’une ronde jubilatoire autour de tout ce qui enrage, vexe et révolte… amusent le public ! Et, fait rire, de cet état des choses, absurde et cruel ! Composition et musique sont de Fernando de Miguel, qui collabore aux paroles des chansons avec Pedro Saborido. Le spectacle est accompagné par un florilège sonore éclaboussant achevant de pimenter une représentation peu ordinaire. A voir !

28 juin 2026
Site officiel www.theatreorangerie.ch/fr
Adrien Barazzone Fernando de Miguel Florence Minder Léa Pohlhammer
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