Injustices faites aux femmes
La Grande Ourse règle ses comptes
Dernière des six créations produites par Le Poche, La Grande Ourse, actuellement au théâtre en vieille ville de Genève, est un conte écoféministe sous la plume de Penda Diouf, auréolé de prix internationaux et francophones. Un quotidien plein de douceur brutalement jeté dans les tristes réalités d’un monde obscur et injuste… La partition n’a pas manqué de séduire Martine Corbat, aux rênes du Poche. Une nouvelle aventure originale et profonde se poursuit ici sur les planches jusqu’au 1er avril !
Avec Evelyne Castellino à la mise en scène l’émotion est complète ! Les personnages subissant des transformations drastiques suivent ici les changements de tons de l’écriture où il devient question de traditions patriarcales et d’oppressions faites aux femmes… Tout commence par un tête- à- tête mère-fille. Au retour du chemin de l’école, le duo joue sa petite musique intérieure et s’accorde une halte dégustant un bonbon… Par inadvertance ? Distraction ? L’ainée laisse tomber le papier. Le soir même, la police sonne au domicile familial pour interroger la mère sur ce qui est alors considéré, preuve à l’appui – la scène ayant été filmée – un crime honteux. Sa fille serait-elle la fautive ? Cette allusion aggravant sa faute, elle est placée en garde à vue pour l’infraction ! C’est le début d’une descente aux enfers entre tourments judiciaires et injustice flagrante qu’elle dénonce… Réfute, se recroquevillant aux tréfonds d’elle-même. Elle s’ensauvage…
Et, devient la Grande Ourse ! Non, il ne s’agit pas ici de la constellation abritant de nombreuses galaxies lointaines… mais bien du plantigrade massif et puissant ! Le prédateur au symbole affirmé, menaçant ou, réconfortant, à la fois animal craint et nounours cajolé… L’Ours, puissance tranquille solitaire et, protectrice, sur terre depuis la nuit des temps, représente l’indépendance, la résilience et cette capacité de se tenir debout ! Par la force des coups de griffes ou la volonté de maitriser sa vie ! Dans la Grande Ourse de Penda Diouf, c’est une mutation – une véritable transfiguration – profonde qui permet de se libérer des persécutions et de passer de victime à la rédemption ! En tendant à déconstruire violences, racismes et sexisme. Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. Les comédiens sont fabuleux, intenses, légers dans la note précise, dans ce la qui donne le ton et la manière. Précis et vrai. Les effets de scènes vidéo apportent à la pièce une intensité rare et un effet trois dimension bien imaginé. Un moment fort !







