Musique(s) Orientale(s)
Jusqu’au bout de la nuit
Un programme époustouflant ! Une nuit d’harmonies, de rythmes et de mesures soufflés par- delà la Méditerranée, le Moyen-Orient, le Maghreb. Aux confins de la Perse et de l’Inde… Le public a vécu ici ces accords et sonorités lancinantes répercutés par des ensembles à la croisée du cheminement musical du monde… Issus de divers univers, étirant la soirée jusqu’à 4h00 du matin, ils ont habité les lieux à l’aide d’instruments en cordes, vents ou percussion… Vous avez dit magique ?
Avec des interprètes passionnés, venus de tous horizons, tissant les influences préservées à travers les siècles, caressant les croyances et les traditions d’ailleurs, le public s’est retrouvé – à l’orée de l’Afrique – en présence d’un groove mystérieux mariant l’Occident et l’Orient… Dans un langage singulier, proche et lointain à la fois. Pétri de timbres et de couleurs, portant haut et fort l’alchimie unique du rythme oriental, le mot d’ordre de la soirée a été tout le long : plaisir, jubilation, improvisation… Et partage ! Si la musique orientale est fortement imprégnée par les racines d’une culture islamique parlant l’arabe, elle porte sans conteste, par l’effet de transhumances, guerres et conquêtes, les traces multiples d’une identité réinventée ! Relevant de communautés diverses, kurde, berbère, ottomane, perse, grecque ou hispanique… elle s’épanouit sous diverses réalités esthétiques associant des motifs musicaux à l’infini.
Espace culturel à ne pas manquer à Genève, La Cité Bleue, l’adresse incontournable sous l’égide managériale et artistique de Leonardo Garcià-Alarcòn – également à la tête de la Cappella Mediterranea – a offert à ses fans et spectateurs une magnifique occasion de vivre une nuit inoubliable… Se déroulant en cinq concerts jusqu’au petit matin, La Nuit Bleue Orientale a bousculé les timings établis en une rencontre unique où l’empreinte de Keyvan Chemirani restera longtemps dans les cœurs et les souvenirs… Avec une fabuleuse distribution se découvrant aux rythmes des richesses musicales à la croisée des genres, les interprètes ont été une véritable révélation. Allant de la musique classique arabe aux notes et voix explorant l’inconnu, la soirée a été programmée en séquences parties sur des chemins imprévisibles et, intensément applaudis…
Coup de cœur, entre autres, pour Rhythm Alchemy, ce premier concert explorant l’univers de Keyvan Chemirani et, de sa famille d’origine iranienne. Avec son frère Bijan et ses compagnons artistes – on y joue du zarb, du daf, de l’udu se mêlant aux tablas avant de rejoindre la batterie et, de découvrir les plaintes de la lyre crétoise s’associant au violoncelle et la clarinette…Ces timbres et pulsations seront suivis dans un second temps par des poèmes mystiques persans des XII et XIIe siècles… Emouvante et chaleureuse, avec Kama Kantu, Christine Zayed convertit sa performance en un langage universel de partage, évoquant la Palestine avec ses chants aux influences variées… Accompagnée par la flûte de Sylvain Barou, intégrant des tonalité diverses, turques, arméniennes, iraniennes, la magie de Keyvan Chemirani aux percussions transforme cet épisode en un sublime moment ! Une nuit, enjouée, où la passion dévoile les musiques nourries par la tradition. Et les talents !








